Uchiwa et sensu, éventail japonais rigide et éventail pliant traditionnel, accessoires du kimono et de l’été au Japon

Éventail japonais : uchiwa, sensu, ōgi et hiōgi

Le petit guide de Kogechan

Au Japon, un éventail japonais n’est jamais juste un objet pour se faire de l’air. Enfin… quand il fait 38°C en plein mois d’août, il ne faut pas non plus faire semblant : c’est quand même très utile.

Mais derrière ce petit objet se cache tout un monde : uchiwa, sensu, ōgi, danse traditionnelle, théâtre, kimono, motifs porte-bonheur, publicité vintage et objets de collection. Kogechan a donc sorti ses petites pattes de tanuki curieux pour vous expliquer tout ça simplement, sans transformer votre pause thé en thèse universitaire.

Les deux grandes familles d’éventails japonais

Pour s’y retrouver facilement, il faut d’abord retenir deux grandes familles.

L’uchiwa 団扇 est l’éventail japonais rigide. Il ne se plie pas. Il est souvent plat, rond ou ovale, avec une structure en bambou ou en bois et une surface en papier.

Le sensu 扇, aussi appelé ōgi, est l’éventail japonais pliant. Il s’ouvre et se referme grâce à des lamelles articulées. C’est la grande famille des éventails pliants japonais, avec plusieurs variantes selon l’usage : quotidien, cérémonie, danse, théâtre ou costume aristocratique.

Voilà. Déjà, vous venez de débloquer le niveau 1 du savoir éventail japonais. Kogechan est fier.

Éventail uchiwa japonais ancien Mitsukoshi avec femme en kimono bleu tenant un sensu, objet décoratif vintage du Japon

L’uchiwa : l’éventail japonais plat de l’été

L’uchiwa est probablement l’éventail japonais le plus associé à l’été. On l’imagine très bien dans les matsuri, les festivals japonais, les soirées de feux d’artifice, avec un yukata, une paire de geta et une envie urgente de trouver un peu d’ombre.

Contrairement au sensu, l’uchiwa reste toujours ouvert. Il peut être très simple, destiné à l’usage quotidien, ou beaucoup plus décoratif. On trouve des uchiwa japonais anciens avec des paysages, des fleurs, des grues, des scènes de kabuki, des femmes en kimono, des motifs saisonniers ou des publicités.

C’est justement ce qui rend les uchiwa vintage si attachants : ce sont des objets populaires, souvent offerts par des commerces, des restaurants, des boutiques de kimono ou de grands magasins. Un simple éventail publicitaire peut ainsi devenir un petit morceau d’histoire japonaise.

Vue d’ensemble d’un sensu japonais (éventail pliable) ouvert, avec ses motifs rouges, dorures graphiques et kamon stylisés, typiques des objets décoratifs nippons.

Le sensu ou ōgi : l’éventail japonais pliant

Le sensu, ou ōgi, est l’éventail pliant japonais. Il est composé de fines lamelles, souvent en bambou ou en bois, reliées par du papier ou parfois de la soie.

Son grand avantage : il se replie. On peut le glisser dans une manche de kimono, une pochette, un sac, une boîte… ou dans un tiroir avec les autres objets japonais “qu’on n’a évidemment pas achetés par faiblesse”. Kogechan ne juge pas.

Le sensu est aussi un objet très symbolique. Sa forme qui s’ouvre progressivement peut évoquer la prospérité, l’avenir qui s’élargit, la chance qui se déploie. On le retrouve donc dans les arts traditionnels, les cadeaux, les cérémonies, les danses, le théâtre et les décors porte-bonheur. C'est un motif très fréquent dans l'artisanat et l'art japonais.

Deux coupelles japonaises anciennes en laque rouge urushi, décor maki-e doré représentant un éventail sensu et des feuilles asagao

Les sous-types de sensu et ōgi

Dans la grande famille des ōgi / sensu, il existe plusieurs formes particulières. Elles ne sont pas des familles séparées au même niveau que l’uchiwa : ce sont plutôt des types d’éventails pliants japonais, liés à un usage ou à un contexte précis.

Kyoto, Gion area, performance geisha dancers

Le mai-ōgi : l’éventail de danse japonaise

Le mai-ōgi est un éventail pliant utilisé dans la danse traditionnelle japonaise, notamment le nihon buyō. Il ressemble à un sensu, mais il est pensé pour la scène : plus solide, plus visible, souvent avec des couleurs ou des motifs très expressifs.

Dans la danse, l’éventail peut devenir une branche, une vague, une lettre, une coupe, une ombrelle, un sabre ou une émotion. C’est toute la magie des arts japonais : avec un petit objet et un geste précis, on raconte beaucoup.

Kogechan, avec un éventail, raconte surtout “j’ai chaud”, mais l’intention artistique est là.

Painted fan, gold and color on wood(Japanese cypress) folding fan, height about 30cm wide about 45cm, late 12th century, Heian Period, Itsukushima Shrine, Hatsukaichi, Hiroshima, Japan

Le hiōgi : l’ancien éventail aristocratique en bois

Le hiōgi est un ancien type d’ōgi, donc un éventail pliant, mais il est bien différent du sensu courant en papier. Il est composé de fines lamelles de bois, souvent associé à la cour impériale, aux vêtements aristocratiques et à l’univers raffiné de l’époque Heian.

Le hiōgi est moins un objet du quotidien qu’un objet cérémoniel, lié au costume, au rang et à une esthétique très codifiée. On est loin de l’éventail qu’on sort dans le métro en été. Là, on est plutôt dans une ambiance “palais impérial, manches longues et poésie sous la lune”.

Uchiwa ou sensu : comment les différencier ?

La différence est simple :

L’uchiwa est un éventail japonais rigide. Il ne se plie pas.

Le sensu / ōgi est un éventail japonais pliant. Il s’ouvre et se referme.

Ensuite, certains éventails pliants ont des usages particuliers : mai-ōgi pour la danse, hiōgi pour les contextes aristocratiques ou cérémoniels, sensu décoratifs pour le quotidien, le kimono, le théâtre ou la collection.

Simple, clair, efficace. Kogechan valide avec un petit coup de patte.

Estampe ukiyo-e détourée sur fond transparent : Nakamura Utaemon IV en Hachirō Kanja Tametomo par Kunisada

Les éventails japonais dans l’art : bijin-ga, kabuki et shin-hanga

Les éventails japonais apparaissent partout dans l’art japonais. Dans les estampes ukiyo-e, ils accompagnent les acteurs de kabuki, les danseuses, les femmes en kimono, les courtisanes ou les scènes de la vie quotidienne.

Dans les bijin-ga, les images de belles femmes japonaises, l’éventail est un accessoire très important. Il cache parfois une partie du visage, souligne un geste, accompagne une manche de kimono ou ajoute une note de saison.

Au XXème siècle, avec les shin-hanga, ces thèmes classiques sont repris dans un style plus moderne, plus calme, parfois presque cinématographique. Certains uchiwa vintage reprennent cette ambiance : visage pâle, longs cheveux noirs, bouche rouge, regard silencieux. Ce ne sont pas des estampes, mais ils ont clairement ce charme graphique japonais.

détail d’un éventail japonais uchiwa de l’ère Shōwa avec illustration d’une femme et de lys blancs

L’uchiwa publicitaire japonais : l’objet malin et charmant

Pendant l’ère Shōwa, beaucoup de commerces japonais ont utilisé l’uchiwa publicitaire. Une boutique de kimono, un restaurant, une marque de boisson ou un grand magasin pouvait offrir un éventail à ses clients.

Et franchement, c’est beaucoup plus séduisant qu’un flyer. On l’utilise, on le garde, on l’accroche parfois au mur, puis il traverse les années avec son petit sceau, son adresse ou son inscription au dos.

Les grands magasins historiques comme Mitsukoshi 三越 ont aussi diffusé ce type d’objet. Et quand un uchiwa ancien porte le nom d’une maison aussi célèbre, on n’a pas seulement un éventail : on a un petit morceau du Japon commercial, élégant et populaire de l’époque Shōwa.

Pourquoi collectionner les éventails japonais anciens ?

Un éventail japonais ancien est léger, décoratif, facile à exposer et souvent très parlant. Il peut compléter un univers autour du kimono, des estampes japonaises, du Japon vintage, du théâtre, de la danse, des objets Shōwa ou de l’art populaire.

Pour choisir un uchiwa ou un sensu ancien, on regarde le décor, l’état du papier, la structure, les inscriptions, les sceaux, les motifs et bien sûr le charme général. Une petite tache ou une usure n’est pas forcément un défaut : sur un objet populaire ancien, c’est souvent la trace de sa vie.

Kogechan le dit toujours : les objets parfaits sont parfois un peu sages. Les objets patinés, eux, ont des histoires à raconter.

En résumé

L’éventail japonais peut être un objet du quotidien, un accessoire de kimono, un outil de danse, un support publicitaire, un souvenir ancien ou une petite œuvre décorative.

Uchiwa : éventail japonais plat, rigide, très lié à l’été et aux festivals.
Sensu / ōgi : éventail japonais pliant, élégant et facile à transporter.
Mai-ōgi : sous-type de sensu utilisé dans la danse traditionnelle japonaise.
Hiōgi : ancien type d’ōgi en lamelles de bois, lié aux costumes aristocratiques et cérémoniels.

🦝 La conclusion de Kogechan :

Un éventail japonais, c’est simple, beau, utile… et beaucoup plus culturel qu’il n’en a l’air. Ça rafraîchit, ça décore, ça raconte le Japon, et ça donne immédiatement un peu plus d’allure. Même quand on transpire comme un tanuki en plein été.

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FAQ – Éventails japonais

Quelle est la différence entre un uchiwa et un sensu ?
L’uchiwa est un éventail japonais rigide qui ne se plie pas. Le sensu, ou ōgi, est un éventail japonais pliant.

Comment s’appelle un éventail japonais plat ?
Un éventail japonais plat et rigide s’appelle un uchiwa.

Comment s’appelle un éventail japonais pliant ?
Un éventail japonais pliant s’appelle un sensu ou ōgi.

Le mai-ōgi est-il un sensu ?
Oui, le mai-ōgi est un type d’éventail pliant de la famille des sensu / ōgi, utilisé pour la danse traditionnelle japonaise.

Le hiōgi est-il un sensu ?
Le hiōgi appartient à la grande famille des ōgi, mais c’est une forme ancienne en lamelles de bois, plus aristocratique et cérémonielle que le sensu courant en papier.

Un éventail japonais ancien peut-il être exposé en décoration ?
Oui, les uchiwa et sensu anciens sont parfaits en décoration murale, dans un univers japonais, autour du kimono, des estampes, du théâtre ou du Japon vintage.

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