Assiette ancienne en porcelaine japonaise de style Arita, décorée de branches de prunier en fleurs et de papillons colorés sur fond blanc

Entre théières céladon et assiettes d’Imari : la porcelaine japonaise en lumière

La porcelaine japonaise, c’est un peu comme un haiku sur assiette : fine, précise, silencieuse… mais qui en dit long. Derrière chaque tasse, chaque assiette, se cache une région, un savoir-faire, une époque, et souvent un petit bout d’histoire qu’on aimerait poser sur la table du salon. Dans cette chronique, Kogechan t’emmène à la découverte de ces trésors émaillés, entre légendes de four, reflets céladon et exportations à la mode Meiji. Prêt pour une jolie tournée des bols, poko ?

🏺 Commençons par la base

Avant de parler motifs, dorures et prunier en fleur, un petit rappel s’impose, poko. La porcelaine, ce n’est pas une simple poterie un peu chic. C’est une céramique faite à partir de kaolin, une argile blanche et très pure, qui est cuite à très haute température (souvent plus de 1300 °C, rien que ça !). Résultat ? Une matière lisse, fine, sonore, et surtout bien plus résistante qu’elle en a l’air. Quand tu tiens une vraie porcelaine entre les mains, tu sens tout de suite qu’il y a de la maîtrise derrière. Et un peu de magie aussi.

L’arrivée de la porcelaine au Japon : une affaire d’échanges

La porcelaine japonaise, telle qu’on la connaît, débarque début XVIIᵉ siècle. Pas tout droit sortie du four d’un génie local, mais bien née de rencontres avec les artisans venus de Chine et de Corée. Résultat ? Les potiers japonais s’approprient ces techniques venues d’ailleurs et les transforment à leur sauce : plus de finesse, plus d’élégance, et surtout… une vraie identité japonaise.

Les grands styles de porcelaine japonaise

Chaque région a mis son grain de kaolin dans l’histoire. Voici les noms à connaître.

🍶 Arita-yaki (有田焼)

Le style pionnier. Né à Arita, dans la préfecture de Saga, c’est la première porcelaine japonaise officielle. Fine, blanche, décorée en bleu cobalt sous glaçure… Elle incarne la pureté classique.

🎨 Imari-yaki (伊万里焼)

Même coin, même époque, mais destinée à l’exportation via le port d’Imari. Là, on sort le grand jeu : dorures, rouge, bleu profond… C’est un feu d’artifice visuel.

Petite anecdote d’époque : à l’ère Meiji, les artisans redoublent de motifs pour séduire les Européens. Résultat ? Des porcelaines ultra décorées, pensées pour éblouir les salons parisiens comme les tables londoniennes.

💐 Kutani-yaki (九谷焼)

Direction Ishikawa. Le style Kutani, c’est la couleur sans complexe : rouge éclatant, vert bouteille, bleu électrique, parfois tout ça à la fois. Les décors sont parfois si vivants qu’on a l’impression que les fleurs vont sortir de l’assiette.

Contrairement à l’Imari-yaki, qui joue souvent la carte de l’élégance structurée avec son bleu cobalt, ses rouges et ses dorures raffinées (et qui reste une valeur sûre de la porcelaine japonaise — on l’adore chez Kogedo !), le Kutani mise sur l’expression libre, les compositions asymétriques et parfois très narratives. Chaque pièce a un petit côté “mini-scène de théâtre” à elle toute seule.

🕊 Kakiemon (柿右衛門)

Là, c’est tout en délicatesse. Des blancs crémeux, des motifs légers et asymétriques, souvent inspirés de la nature. Le tout dans une palette douce (rouge, vert, bleu) qui fait le bonheur des collectionneurs.

🍵 Mita-yaki (三田焼)

Moins connu, mais à ne pas sous-estimer. Le Mita-yaki, originaire de la région de Kobe, se reconnaît à son émail vert céladon, d’une douceur presque veloutée. C’est comme si la montagne s’était glissée dans une théière.

🧐 Le saviez-vous ? Porcelaine ou céramique ?

On dit souvent “céramique” pour parler de tout, mais la porcelaine, c’est la diva du genre. Plus fine, plus blanche, plus sonore aussi (tapote, tu verras). Elle est fabriquée à partir de kaolin et cuite à plus haute température. Donc :
➡️ Toutes les porcelaines sont des céramiques, mais toutes les céramiques ne sont pas des porcelaines. Voilà, poko !

Techniques de fabrication et secrets de décoration

La porcelaine japonaise, c’est aussi un terrain d’expérimentation. Voici quelques techniques parmi les plus utilisées par les artisans :

  • Peinture sous couverte : motifs au cobalt posés avant l’émaillage. Ça donne ce bleu intense sous la surface lisse.
  • Peinture sur couverte : couleurs posées après cuisson, puis recuites à basse température. Résultat ? Un feu d’artifice chromatique maîtrisé.
  • Glaçure céladon : cette teinte douce verte ou bleutée, si reposante, si élégante.
  • Décor en relief (moriage) : quand l’artisan travaille en 3D, appliquant les motifs en volume pour un effet tactile.

Évolution à travers les époques

🏯 Époque Edo (1603–1868)

L’âge d’or. Les fours tournent à plein régime. Les styles Arita, Imari et Kutani prennent leur envol. Certaines pièces sont déjà pensées pour l’export — luxe et raffinement obligent.

🥂 Ère Meiji (1868–1912)

Ouverture du Japon = ouverture des fours vers l’Europe. On adapte les formes, les couleurs, on orne, on sublime. L’Imari devient une star de l’Exposition universelle. On en trouve dans les palais… et aujourd’hui, parfois, dans les brocantes !

🗼 Période contemporaine

Les artisans continuent à produire, entre tradition et innovation. De la pièce 100 % classique à la porcelaine contemporaine aux lignes épurées, l’esprit reste le même : faire beau, solide et chargé de sens.

Comment intégrer la porcelaine japonaise chez soi

La porcelaine japonaise ne se contente pas de faire jolie en vitrine : elle se décline en assiettes fines pour un repas chic, ochoko pour le saké, bols à thé, et mille autres formes du quotidien — toutes plus élégantes les unes que les autres, poko !

Chez Kogedo, on sélectionne des pièces anciennes, patinées par le temps, souvent issues de l’époque Showa, Meiji et parfois Edo! Des objets faits pour durer, mais surtout pour être aimés.

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